Critique du spectacle La Ville en rouge

Critique du spectacle La Ville en rouge

Cette critique a été écrite par Sandrine Demers, jeune critique culturel de L’Arrière Scène, et publiée dans le journal L’Oeil Régional du 18 décembre 2013.


La Ville en rouge a su me surprendre par son originalité et les qualités des comédiens présents sur scène : Sylvain Ward, Annik Landry, Joanie Lehoux, André Robillard et Israël Gamache. Cette pièce a été soigneusement travaillée avant d’être présentée sur scène et ça se voit.

Il y avait plusieurs maquettes pour représenter les différents lieux où se déroule l’histoire  (par exemple : la cabane dans l’arbre, le coin de rue sous un lampadaire).  Cela nous aidait non seulement à entrer dans leur univers, mais aussi à le comprendre et à nous situer.

Les maquettes étaient presque toujours situées du côté cour de la scène, ce qui n’encombrait pas l’espace.

Autre support visuel à la pièce, les marionnettes étaient à l’effigie de chaque personnage. On pouvait donc les voir dans divers lieux, durant leur aventure, comme par exemple à vélo, ou encore dans une cabine téléphonique. Véritables œuvres d’art, ces marionnettes ont été confectionnées par Pierre Robitaille, assisté de Vano Hotton. Ceux-ci ont, selon moi, fait un travail de génie.

Ce que j’ai bien aimé c’est le fait que la pièce soit écrite en langage familier. Certains spectateurs ont été outrés et frustrés par l’utilisation d’expressions que notre génération utilise.  Mais, selon moi, il faut faire preuve de jugement par rapport à la réalité des jeunes d’aujourd’hui.  Certains emploient des mots bien pires. Pour ma part, ça ne m’a pas du tout choquée. Je trouvais même que cela apportait un côté  humain à la pièce.  Mille mercis à Marcelle Dubois d’avoir écrit ce texte de La Ville en rouge.

Les costumes m’ont beaucoup surprise ! Habituellement dans une pièce de théâtre, les costumes ne sont pas la partie que je préfère. Mais ces costumes-ci étaient très actuels et représentaient bien des enfants de l’âge des personnages. Félicitations à Sébastien Dionne.

Par contre, ce que j’ai moins aimé c’est la musique.  Celle-ci n’était presque pas présente. Cependant, elle pouvait tout de même aider à définir certaines choses. Par exemple, lorsque l’action se déroulait à la station service, on entendait une cloche retentir, annonçant qu’il y avait un client. Ou encore lors d’une projection vidéo illustrant un rêve de Flé et où on la voyait voler avec des ailes, on entendait une musique qui nous aidait à nous transporter dans sa tête et dans ses pensées.

Les effets musicaux ont été réalisés par Jean- François Mallet.

J’ai bien aimé la mise en scène. Elle était ingénieuse. Il y avait une sorte de disque tournant qui était utilisé lors des déplacements et poursuites des personnages. Par exemple, lorsque le personnage de Gally arrive sur scène en planche à roulettes, on a vraiment l’impression qu’il roule pour vrai. J’ai adoré cet aspect de la pièce ! Ces idées ne faisaient que l’embellir. Martin Genest a réussi un tour de force.

J’ai eu un léger bémol sur l’éclairage, bien qu’il nous ait aidés à nous situer dans les lieux de l’histoire. Par exemple, quand les personnages étaient sous un lampadaire, une lumière jaune vive est apparue pour faire croire à l’endroit, ou encore quand les personnages sont arrivés à la Ville en rouge, les images de la ville se sont mises à apparaitre en rouge de chaque côté de la scène. L’éclairage est une réalisation de Christian Fontaine.

Mais l’élément qui m’a impressionnée fut sans aucun doute l’écran qui servait de décor. Sur ce support visuel, on voyait souvent apparaitre les marionnettes représentant les personnages, ou les images qui défilaient lorsque les personnages étaient dans l’autobus, supposé les amener à la Ville en rouge. Avec leur conception vidéo, Daniel Faubert, assisté de Pierre Robitaille et de Louis Tremblay ont su emmener le spectacle à un autre niveau. Un gros merci au Théâtre du Gros Mécano, le Théâtre populaire d’Acadie et le Théâtre Pupulus Mordicus d’avoir produit cette pièce qui est un incontournable.

Sandrine Demers, 13 ans 

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