Critique du spectacle Petite vérité inventée

Critique du spectacle Petite vérité inventée

Cette critique a été écrite par Sandrine Demers, jeune critique culturel de L’Arrière Scène, et publiée dans le journal L’Oeil Régional du 19 mars 2014.


Petite vérité inventée est une production du Théâtre Bouches Décousues.  La première du spectacle avait lieu le dimanche 23 février dernier au Centre culturel de Beloeil.

Selon moi, cette pièce est un chef d’oeuvre au niveau visuel. Le décor n’était composé que d’un divan, de boîtes et de papier à bulles, mais il était très polyvalent et cela a réussi à nous transporter dans un autre univers. Le divan pouvait se transformer facilement en différents éléments de l’histoire. Un instant le divan devenait un mur, à l’autre moment une porte. J’ai été très impressionnée.  Félicitations à Alain Jenkins pour son génie.

L’éclairage m’a surprise. Habituellement je ne remarque pas cet élément, qui n’est qu’un détail pour moi. Mais pour ce spectacle, l’éclairage ne passait pas inaperçu. Par exemple, les lumières de la salle s’allumaient quand Marie Bernier, la comédienne qui interprétait le personnage principal d’Emma, sortait à l’extérieur et qu’il faisait soleil. Bravo à André Rioux d’avoir apporté cet élément qui permettait de nous transporter dans l’histoire.

Les costumes avaient quelques subtilités que j’ai bien appréciées. Lorsque Emma retombe en enfance elle enlève ses talons hauts et défait sa toque pour bien montrer le passage de l’âge adulte à l’enfance. Les costumes et accessoires sont une réalisation de Myriam Blais.

Selon moi, le texte s’adressait à un public plus âgé.  On y abordait différents sujets que je ne crois pas qu’un enfant de sept à onze ans serait en mesure de comprendre. Le texte de Erika Tremblay-Roy était cependant magnifique.  Elle a quand même su aborder des sujets audacieux pour des enfants de cet âge.  L’interprétation de Marie Bernier, qui jouait Emma, et celle de Normand Poirier, qui jouait différents rôles, mais principalement celui du père d’Emma, étaient aussi magnifiques.

J’ai adoré la mise en scène de Gil Champagne.  Il a su exploiter à merveille tous les différents objets du décor : le papier à bulles qui devient de l’eau, le divan qui devient des milliers de choses, les boîtes de déménagement qui deviennent une porte, et une serviette pour devenir la mère d’Emma.

Sur deux des boîtes il y a le portrait du père et de la mère d’Emma.  Dans ces boîtes il y a tous les souvenirs d’Emma avec ses parents. Dans la boîte de sa mère, Emma trouve une serviette. Tout au long de la pièce c’est Marie Bernier qui joue aussi le rôle de la mère en se servant de la serviette sur sa tête.  J’ai trouvé ces idées brillantes.

Le spectacle était sublime, même avec quelques petites imperfections. C’est un spectacle à voir, surtout pour un jeune enfant dont les parents ont divorcé.  Cela peut vraiment les aider à comprendre.

Sandrine Demers, 13 ans

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