Critique du spectacle Corbeau

Critique du spectacle Corbeau

Cette critique a été écrite par Eugénie Gaultier, jeune critique culturel de L’Arrière Scène, et publiée dans le journal L’Oeil Régional du 15 janvier 2014.


Je vous présente une pièce captivante, inspirée d’une créature surprenante de légende amérindienne : le corbeau. Corbeau est la 25e création du théâtre de L’œil, qui a obtenu un très grand succès auprès des jeunes de 5 à 10 ans.

Cette pièce regorge de trouvailles théâtrales avec des décors qui se succèdent au fur et à mesure du déroulement du spectacle et des marionnettes stupéfiantes qui ont égayé l’histoire du début jusqu’à la fin. Celles-ci ont été créées par Richard Lacroix. Les marionnettistes, Nicolas Germain-Marchand, Anne Lalancette, Dominic L. St-Louis et Estelle Richard ont manié les marionnettes avec une fluidité et une précision remarquables. Leur adresse nous a permis d’assister à un spectacle bien rodé, dans une très belle mise en scène d’André Laliberté.

La projection d’images par Yves Labelle a apporté une touche bien personnelle au spectacle. La voix chantée a été interprétée par Monique Fauteux et la musique était de Libert Subirana qui a mis le tout en valeur. La régie à été assurée par Gilles Perron.

Cette œuvre nous raconte l’histoire d’une jeune fille nommée Nukum. Nukum rêve d’aller au-delà des frontières de la ville. Elle désire plus que tout voir le monde extérieur. Elle s’imagine que là-bas, elle trouvera un endroit magique où les animaux peuvent parler et que tous les habitants y vivent en harmonie. Mais pour l’instant, elle doit se contenter de son petit « royaume », son balcon.

Un jour, la jeune fille fait une rencontre bien spéciale. Un corbeau perché sur la rambarde de son balcon lui adresse la parole. Il réclame « des frites », avec sa petite voix criarde. À plusieurs reprises, cette phrase a d’ailleurs fait rire les jeunes spectateurs.

En premier lieu, le corbeau lui raconte le jour de sa naissance, il y a de cela très longtemps « …plus d’années qu’il n’y a d’étoiles dans le ciel ».

Après quelques années, Nukum, qui a beaucoup grandi, a la chance de revoir son vieil ami le corbeau. Celui-ci réclame encore des frites en échange d’une histoire à lui raconter. Cette fois-ci, il décide de lui raconter comment il a volé le soleil à un chef égoïste qui voulait le garder pour lui seul.

Bien des années plus tard, Nukum rencontre le corbeau pour une dernière fois. Elle est maintenant grand-mère. Après toutes ces années, elle connait le monde extérieur et elle va régulièrement camper dans les bois avec ses huit petits-enfants, dont sa favorite, Saskia. Chaque soir, elle leur raconte les histoires que le corbeau lui a autrefois racontées. Un soir, Nukum sent qu’elle a fait son temps et s’éteint sous les yeux de ses petits-enfants. Le cœur gros, en regardant au ciel, les petits-enfants de Nukum aperçoivent le visage de leur grand-mère qui vole sur les ailes du corbeau.

En ce qui me concerne, j’ai trouvé que l’histoire est tout aussi intéressante pour les adultes que pour les enfants. La troupe a réussi à créer une pièce qui a piqué la curiosité des parents et à maintenir l’intérêt des enfants grâce à son texte, écrit spécialement pour le groupe d’âge des 5 à 10 ans.

Eugénie Gaultier, 13 ans

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